Entreprise familiale
Je n’ai pas découvert le commerce familial en tant que consultant. J’ai grandi dedans.
Mes parents tenaient des magasins de bricolage, au sein du groupement des Mousquetaires. Plusieurs de mes oncles et cousins avaient les leurs : bricolage, vêtement, alimentaire. J’ai beaucoup travaillé dans ces magasins. On parlait parfois du travail à table. Mes parents ont formé mes cousins.
La reprise, chez nous, ne s’est jamais posée comme une question lourde. J’ai choisi de ne pas reprendre, et ça n’a posé de problème à personne.
Depuis 2017, j’accompagne des entreprises familiales du Grand Ouest. Avant cela, j’en ai dirigé une.
L’accompagnement d’une entreprise familiale consiste à travailler sur les décisions et les relations entre les membres de la famille qui la détiennent ou la dirigent : répartition des rôles, gouvernance, transmission, désaccords. Il se distingue du conseil en stratégie, centré sur l’entreprise, et du conseil patrimonial ou juridique, centré sur la détention du capital. Il porte sur le point où la famille et l’entreprise se rencontrent.
Quand les associés sont aussi la famille
C’est la particularité, et elle change tout.
Entre associés ordinaires, une conversation difficile met en jeu une entreprise. Dans une entreprise familiale, elle met en jeu un dîner de Noël, une relation entre frère et sœur, la mémoire de ce qu’un parent a construit. Ce qui coûte cher n’est pas le désaccord, c’est ce qu’il risque d’abîmer autour.
On peut sortir d’une société. On ne sort pas d’une filiation. C’est pour cela que ces relations demandent plus d’attention que les autres.
Les moments où l’on m’appelle
La transmission. Le moment où l’on se demande qui reprend, si quelqu’un reprend. → Transmission d’entreprise familiale
La gouvernance. Quand la famille grandit, que les branches se multiplient, et que les décisions ne peuvent plus se prendre autour d’une table. → Gouvernance familiale
Les relations qui se tendent. Entre frères et sœurs, entre générations, entre ceux qui travaillent dans l’entreprise et ceux qui en détiennent seulement des parts. → Relation entre associés
La vente. Quand la famille décide de céder, ce qui pose des questions que ne pose aucune autre cession. → Cession d’entreprise
Ce que je fais
Je m’occupe de ce qui se passe entre les personnes. Les conversations qu’on n’a pas, les rôles qu’on n’a jamais redéfinis depuis dix ans, les attentes que chacun prête aux autres sans les avoir vérifiées.
Je travaille avec la famille, avec le dirigeant seul, ou avec les deux selon les moments. Il m’arrive de voir chacun séparément avant de réunir tout le monde. C’est souvent nécessaire dans ce contexte.
Aucune de ces missions ne ressemble à la précédente.
Ce que je ne fais pas : le montage juridique et fiscal de la transmission, la valorisation, le pacte Dutreil. Ce sont les métiers de votre notaire, de votre avocat et de votre expert-comptable, et ils sont indispensables. J’interviens sur ce qu’aucun d’eux ne traite.
Ce qui me sert ici
Trois choses, et elles ne se remplacent pas.
J’ai grandi dans les magasins de mes parents. Le commerce familial n’est pas un secteur pour moi, c’est un décor d’enfance.
J’en ai dirigé une. Famille Mary, 135 personnes. Je connais la position du dirigeant qui n’est pas de la famille, et celle du dirigeant qui en est.
J’en accompagne depuis 2017. Groupe Ageneau, Restoria, Giffard, Martineau, Morillon, Brault Métallerie, Lulu Parc : des entreprises familiales de toutes tailles, dans l’agroalimentaire, la restauration, l’industrie, la métallerie, les loisirs.
Rien de tout cela ne me donne de savoir sur votre famille ni sur votre entreprise. Vos réponses ne seront pas celles des autres. Je peux poser des questions sans redouter la réponse.
J’anime un cercle CEDEF
Le CEDEF (Cercle des Enfants Dirigeants d’Entreprises Familiales) réunit les successeurs d’entreprises familiales en cercles départementaux, chacun animé par un professionnel. J’anime l’un de ces cercles.
On y retrouve des gens qui vivent la reprise de l’intérieur : ce qu’on doit à ses parents, ce qu’on voudrait faire autrement, ce qu’on n’ose pas dire à table. La place qu’on prend, et celle qu’on laisse.
C’est là que se travaille le sujet le plus difficile de l’entreprise familiale : celui de la génération d’après.
Questions fréquentes
On est une famille très unie. Ce serait quand même utile ?
C’est même la situation la plus favorable. Ce qui se travaille facilement quand tout va bien devient très difficile ensuite.
Mon père ne veut pas entendre parler de transmission.
C’est fréquent, et c’est rarement du déni. Transmettre, c’est accepter que quelque chose se termine, et ça demande du temps. On peut commencer à en parler sans lui, et voir ce qui se dégage.
Les enfants ne veulent pas reprendre. Que faire ?
D’abord, ce n’est pas nécessairement un drame : je n’ai pas repris celle de mes parents et personne ne s’en est trouvé mal. Ensuite, il y a plusieurs suites possibles : une direction non familiale avec un capital qui reste dans la famille, une cession, une transmission partielle. Le choix vous appartient. Ce que je peux faire, c’est qu’il se prenne clairement, et pas par défaut.
Est-ce qu’on parle aussi des membres de la famille qui ne travaillent pas dans l’entreprise ?
Presque toujours.
Vous intervenez en Anjou seulement ?
Angers et Pays de la Loire principalement, une région dense en entreprises familiales. Ailleurs quand la situation le justifie.
On en parle quinze minutes ?
Vous me racontez où vous en êtes. On verra ensemble si je peux vous être utile, et si c’est le bon moment.
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