Mésentente entre associés
Vous vous évitez. Les réunions sont tendues, ou trop polies. Vous avez pris l’habitude de ne plus dire certaines choses, et lui aussi.
Ce n’est pas un échec, c’est juste une situation délicate. Ce qui pourrait paraître être une crise est simplement un sujet dont il faut prendre soin : vous, vos individualités et votre collectif.
Ça se répare plus souvent qu’on ne le croit. Pas toujours. Mais plus souvent. Et dans ce cas, on en ressort plus unis, et plus performants.
Une mésentente entre associés désigne une dégradation durable de la relation entre les détenteurs d’une entreprise, sans qu’il y ait nécessairement de litige juridique. Elle se manifeste par de l’évitement, des tensions en réunion, des décisions bloquées ou des non-dits accumulés. Elle relève d’un travail sur la relation, distinct du traitement juridique du désaccord, qui porte sur les statuts, le pacte d’associés et la répartition du capital.
Ce que j’observe le plus souvent
Presque jamais un désaccord majeur.
Ce que je vois, chez mes clients comme dans mes propres associations, c’est une accumulation. Un déséquilibre de travail dont personne n’a parlé parce qu’il paraissait temporaire. Une décision qu’on n’a pas comprise et qu’on n’a pas voulu questionner. Une différence de rythme (l’un veut avancer, l’autre veut réfléchir) que chacun a interprétée comme un défaut chez l’autre. Une phrase de réunion, il y a trois ans.
Pris isolément, aucun de ces sujets ne méritait une conversation. C’est même exactement ce que chacun s’est dit sur le moment : ça ne vaut pas la peine d’en faire un sujet.
Ensemble, au bout de quelques années, ils justifient une séparation.
Il y a souvent autre chose en dessous. Au départ, vous aviez chacun une idée de ce que serait cette association, un accord implicite jamais formulé. On fait moitié-moitié quoi qu’il arrive. On privilégie le plaisir avant l’argent. La famille passera toujours en premier. On ne se ment jamais. Personne ne l’a écrit, chacun a supposé que l’autre pensait pareil. Ce qui grince aujourd’hui, c’est souvent l’écart entre ces deux accords non dits.
Ce qui rend le sujet difficile à ouvrir
Parce que c’est trop important.
Si on ouvre le sujet, on ne sait pas où ça s’arrête. Et derrière, il y a cette question désagréable : si ça casse, est-ce que ça veut dire que je me suis trompé depuis le début ? Que ces années étaient une erreur ?
Alors on n’ouvre pas. Ce n’est pas de la lâcheté. C’est même le contraire. On protège quelque chose auquel on tient.
Et pourtant : ouvrir le sujet, ce n’est pas être tatillon. C’est avoir le courage de prendre soin de la relation. Pour vous, et surtout pour l’entreprise.
Ce qui se passe, simplement, c’est que le sujet ne s’en va pas parce qu’on ne le nomme pas. Il attend.
Ce que le droit règle, et ce qu’il ne règle pas
Votre pacte d’associés est un outil utile.
Ce qu’il règle : qui détient quoi, qui décide quoi, ce qui se passe si l’un veut sortir, comment on valorise les parts, quelles majorités pour quelles décisions.
Ce qu’il ne règle pas : la façon dont vous vous parlez. Ce que vous attendez l’un de l’autre. Le fait que l’un se sente seul à porter, et que l’autre l’ignore.
Un pacte bien fait organise proprement la sortie le jour où plus rien n’est possible. Il ne fait rien pour éviter d’y arriver.
Il m’arrive souvent de travailler en parallèle d’un avocat, chacun sur son terrain.
Chercher qui a tort
Quand une relation s’abîme, on cherche à savoir qui a tort. C’est humain et c’est presque inévitable : on a besoin de comprendre, et comprendre ressemble beaucoup à établir des responsabilités.
Je n’ai pas vu cette question produire souvent une réponse qui change quelque chose. Chacun a ses raisons, chacun a sa version, et les deux sont sincères. On peut y passer des mois. J’ai vu des associés y passer des années.
Ce qui dénoue, quand ça dénoue, c’est plutôt une autre question : qu’est-ce qu’on veut construire maintenant ? Elle est plus difficile, parce qu’elle demande de renoncer à avoir raison.
C’est ce que je fais quand on travaille ensemble. Je ne cherche pas qui a tort, et je ne vous le dirai pas : je ne le sais pas, et ce n’est pas ce qui m’intéresse. Je m’occupe de ce que vous voulez faire de la suite.
Les trois issues
Quand une relation d’associés s’abîme, il y a trois issues. Aucune n’est honteuse.
Réparer. On remet à plat ce qui n’a pas été dit, on traite les sujets un par un, et la relation repart, souvent sur des bases plus claires qu’avant, parce que cette fois vous vous êtes parlé pour de vrai. C’est l’issue la plus fréquente quand on s’y prend avant la rupture.
Réorganiser. La relation tient, mais pas dans sa forme actuelle. On change les rôles, les périmètres, la gouvernance, la façon de décider. Vous restez associés, autrement.
Se séparer. Parfois c’est la bonne décision, et il vaut mieux la prendre lucidement que la subir. Une séparation préparée coûte infiniment moins cher qu’une séparation subie. En argent, et pour tout le reste.
Mon rôle n’est pas de vous pousser vers l’une des trois. C’est de faire en sorte que vous choisissiez, plutôt que de laisser la situation choisir pour vous.
Comment j’interviens
Je commence par voir chacun séparément. En tête-à-tête, on dit ce qu’on garde pour soi depuis des mois : le petit truc qu’on n’a pas relevé sur le moment et qui pèse depuis, la phrase qu’on rumine, ce dont on n’a jamais fait un sujet.
Ensuite, on se réunit. Je tiens le cadre, je pose les questions que vous ne vous posez plus, et je nomme ce qui se joue quand ça devient difficile. Je ne prends pas parti et je n’arbitre pas. Ce n’est pas mon entreprise, et vous n’avez pas besoin d’un juge.
La durée dépend entièrement de l’état de la relation et de ce que vous voulez en faire. On en parle au premier échange, avant tout engagement.
Ce qui se dit reste entre nous. Sans exception, y compris entre vous quand je vous vois séparément.
Ce qui me sert ici
J’ai été associé dans cinq entreprises, et je le suis toujours dans une sixième.
J’ai vécu de très belles années et de vraies épreuves. Ce n’est pas pour autant que j’ai des solutions toutes faites : mes réponses d’alors ne valent rien pour vous, c’était un autre moment, d’autres personnes, une autre entreprise.
J’ai un bagage, et j’ai vu beaucoup de situations. Ça ne me donne aucun savoir sur la vôtre. Je ne sais rien de ce qui se passe chez vous avant d’y être.
Ce que ça change : je peux poser des questions sans redouter la réponse.
Depuis 2017, j’ai accompagné une cinquantaine d’associés, dans des entreprises de deux à mille personnes, dans le juridique, le transport, la restauration, la communication, l’architecture.
Questions fréquentes
Mon associé refuse d’en parler. On fait quoi ?
On commence sans lui. Vous y verrez déjà plus clair sur ce que vous voulez, et sur ce que vous êtes prêt à accepter ou non. Ce qui se passe ensuite dépend beaucoup de ce que vous aurez compris pendant ce temps.
C’est de la médiation ?
Ça peut y ressembler, et j’interviens parfois en médiation. Mais je ne suis pas médiateur inscrit auprès d’une cour d’appel : si votre situation relève d’une médiation judiciaire, je vous le dirai et je vous orienterai.
On est déjà en procédure. C’est trop tard ?
Pas nécessairement, mais le cadre change. Parlez-en d’abord à votre avocat : c’est lui qui pilote à ce stade, et je n’interviendrai pas sans son accord.
Combien de temps ça prend ?
En général quelques séances sur deux à trois mois. Certaines situations se dénouent en une seule rencontre, d’autres demandent un accompagnement plus long.
Est-ce que ça peut aggraver les choses ?
La question est légitime. Ce que j’observe, c’est que ce qui aggrave, c’est le temps qui passe sans que rien ne se dise. Cela dit, il y a des moments où une intervention est prématurée. Si c’est le cas, je vous le dirai plutôt que de vous vendre quelque chose.
Vous intervenez où ?
Angers, le Maine-et-Loire et les Pays de la Loire. Ailleurs quand la situation le justifie.
On en parle quinze minutes ?
Vous me racontez où vous en êtes. On verra ensemble si je peux vous être utile, si c’est le bon moment, et si c’est bien moi qu’il vous faut.
Le calendrier de prise de rendez-vous est hébergé par Chapter-2.
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